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Mars 2019 - Journées d’études cliniques de l’institut de musicothérapie de Nantes

samedi 9 juin 2018, par Emilie TROMEUR.

Musicothérapie et langage : du non-verbal au verbal


La musicothérapie se déploie fondamentalement dans la sphère émotionnelle, l’écoute musicale, la communication sonore, l’improvisation clinique dans le registre non-verbal, tout en laissant une place essentielle à la parole et à la fonction structurante des effets du langage verbal.
Nous mettrons l’accent sur la place de la verbalisation, sur le travail psychique élaboratif permettant une mise en ordre du vécu émotionnel, une mise en mot et en sens, une meilleure expression de soi.
Lorsque l’expression verbale est appauvrie, empêchée ou déconstruite, comment la musicothérapie va-t-elle permettre d’élaborer, de reconstituer un langage et un recours à une verbalisation structurante et signifiante ?
Nous nous appuierons sur l’expérience de musicothérapeutes exerçant auprès d’enfants ou adultes, dans des champs cliniques, des pathologies ou des expressions symptomatiques diversifiées : retard de développement, troubles phobiques, acouphènes, troubles du langage, mutismes, handicap sensoriel, moteur ou psychique, polyhandicap, dépression, schizophrénie, addictions, maladies psychosomatiques, psychose infantile, alexithymie, aphasie, AVC, autisme, maladies neurodégénératives, psychotraumatisme,…



À cette occasion, notre musicothérapeute aura donc l’honneur de présenter un de ses axes de travail clinique. En voici le résumé,
« De la voix du thérapeute à celle du patient » : Madame Mute, octogénaire, m’a été adressée suite à son entrée en Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes. Avant même son arrivée, nous imaginions une institutionnalisation difficile du fait d’un consentement « forcé ». En effet, madame Mute s’est résignée à venir vivre au sein de notre résidence, du fait de l’inquiétude importante de ses enfants face à un maintien à domicile. Effectivement, l’arrivée en EHPAD a engendrée un repli sur soi avec un mutisme quasi immédiat. Du fait de sa passivité massive et de son souhait de ne plus communiquer activement, madame Mute m’a été adressée. Le travail en musicothérapie s’est donc dirigé vers un travail autour du lien, naturellement. Au fil de semaines, ma voix chantée a laissé place à la voix parlée de madame Mute…